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L'Iran défend "son droit" à l'enrichissement nucléaire après une mise en garde de Washington
information fournie par AFP 19/02/2026 à 14:11

Cette photo diffusée sur le site des Gardiens de la Révolution iraniens le 17 février 2026 montre un tir durant des manoeuvres des Gardiens et de la marine iranienne dans le détroit d'Ormuz ( SEPAH NEWS / - )

Cette photo diffusée sur le site des Gardiens de la Révolution iraniens le 17 février 2026 montre un tir durant des manoeuvres des Gardiens et de la marine iranienne dans le détroit d'Ormuz ( SEPAH NEWS / - )

L'Iran a défendu jeudi "son droit" à l'enrichissement nucléaire, au lendemain d'une mise en garde des Etats-Unis, qui ont jugé qu'il y avait "de nombreuses raisons" de frapper le pays avec lequel ils ont engagé des pourparlers sous tension.

Le programme iranien "progresse conformément aux règles de l'Agence internationale de l'énergie atomique, et aucun pays ne peut priver l'Iran du droit de bénéficier pacifiquement de cette technologie", a affirmé le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Mohammad Eslam.

Les Etats-Unis ont averti mercredi l'Iran qu'il serait "bien avisé" de conclure un accord au lendemain d'une deuxième session de pourparlers indirects à Genève, auxquels les deux pays ont annoncé vouloir donner suite.

La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a lancé cette nouvelle mise en garde après que l'Iran a dit mercredi "élaborer un cadre" pour faire avancer ces tractations avec Washington, reprises le 6 février à Oman via une médiation omanaise.

Dans un contexte d'intensification du déploiement militaire américain dans le Golfe, Donald Trump a averti Londres de ne pas "céder" une base militaire dans l'océan Indien, affirmant qu'elle serait vitale en cas d'attaque contre l'Iran, si Téhéran "décidait de ne pas conclure d'accord".

Mardi, les deux pays avaient indiqué qu'ils allaient poursuivre les discussions - gelées en juin par la guerre de 12 jours déclenchée par une attaque israélienne en Iran - tout en soulignant l'écart persistant entre leurs positions.

La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, lors d'un point de presse à la Maison Blanche, le 18 février 2026 à Washington ( AFP / SAUL LOEB )

La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, lors d'un point de presse à la Maison Blanche, le 18 février 2026 à Washington ( AFP / SAUL LOEB )

"Il existe de nombreuses raisons et arguments en faveur d'une frappe contre l'Iran", a déclaré Mme Leavitt, ajoutant que "l'Iran serait bien avisé de conclure un accord avec le président Trump".

Jugeant la possibilité d'un conflit ouvert "très réelle", le Premier ministre polonais Donald Tusk a appelé jeudi ses concitoyens à quitter l'Iran "immédiatement", tandis que le Kremlin a exhorté à la "retenue" face à une "escalade des tensions sans précédent".

- "Renverser le gouvernement"? -

Carte montrant la portée des principaux missiles balistiques de moyenne portée iraniens et la localisation des principales bases américaines et infrastructures abritant du personnel américain au Moyen-Orient. Les portées sont indicatives car elles varient en fonction du poids de la charge ( AFP / Sylvie HUSSON )

Carte montrant la portée des principaux missiles balistiques de moyenne portée iraniens et la localisation des principales bases américaines et infrastructures abritant du personnel américain au Moyen-Orient. Les portées sont indicatives car elles varient en fonction du poids de la charge ( AFP / Sylvie HUSSON )

Washington a dépêché deux porte-avions dans le Golfe et dispose aussi de dizaines de milliers de soldats dans des bases dans la région, certaines potentiellement vulnérables en cas de contre-attaque iranienne.

CNN et CBS ont rapporté mercredi que l'armée américaine était prête à mener des frappes sur l'Iran dès ce week-end, même si le président américain n'a selon eux pas encore pris de décision finale.

Selon le Wall Street Journal, citant des responsables américains anonymes, Donald Trump a notamment été informé d'une option visant à "tuer nombre de dirigeants politiques et militaires iraniens, afin de renverser le gouvernement".

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, s'est lui entretenu mercredi avec le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafaël Grossi.

Selon son ministère, M. Grossi a souligné que l'AIEA, chargée de vérifier le caractère pacifique du programme nucléaire iranien, "était prête à apporter son soutien" en ce sens.

L'Iran avait suspendu sa coopération avec l'agence et restreint l'accès de ses inspecteurs aux installations touchées après la guerre de 12 jours, durant laquelle les Etats-Unis ont bombardé des sites nucléaires iraniens.

- "Imposer leur volonté" -

Présentation du procédé d'ultracentrifugation permettant d'enrichir l'uranium afin d'en faire du combustible nucléaire ( AFP / Nalini LEPETIT-CHELLA )

Présentation du procédé d'ultracentrifugation permettant d'enrichir l'uranium afin d'en faire du combustible nucléaire ( AFP / Nalini LEPETIT-CHELLA )

L'Iran, qui dément chercher à se doter de l'arme nucléaire, comme l'en accusent les pays occidentaux et Israël, veut limiter les pourparlers au nucléaire et exige pour un accord la levée des sanctions qui étranglent son économie.

Les Etats-Unis ont à plusieurs reprises réclamé que l'Iran renonce à l'enrichissement, et réclamé un accord portant aussi sur le programme de missiles balistiques de l'Iran et son soutien aux groupes armés régionaux hostiles à Israël.

Donald Trump a multiplié les menaces d'attaques, d'abord en réaction à la répression meurtrière début janvier d'une vague de contestation, puis pour arracher un accord, évoquant même en cas d'échec un renversement du pouvoir iranien.

"Nous ne voulons pas la guerre (...) Mais s'ils veulent essayer de nous imposer leur volonté (...) devrions-nous l'accepter?", a lancé mercredi le président iranien, Massoud Pezeshkian.

La République islamique menace elle aussi de riposter à toute attaque, notamment en fermant le détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole.

Une femme drapée dans un drapeau iranien interpelle la porte-parole du gouvernement (G) lors d'une cérémonie officielle organisée en hommage aux victimes du "terrorisme" des manifestants antigouvernementaux, à Téhéran, le 17 février 2026 ( AFP / ATTA KENARE )

Une femme drapée dans un drapeau iranien interpelle la porte-parole du gouvernement (G) lors d'une cérémonie officielle organisée en hommage aux victimes du "terrorisme" des manifestants antigouvernementaux, à Téhéran, le 17 février 2026 ( AFP / ATTA KENARE )

Les Gardiens de la Révolution, son armée idéologique, y ont mené en début de semaine des manoeuvres, tandis qu'en début de journée jeudi, les marines iranienne et russe ont effectué des exercices conjoints en mer d'Oman et dans le nord de l'océan Indien, selon l'agence officielle Irna.

Par ailleurs, un couple britannique détenu en Iran depuis janvier 2025 a été condamné à 10 ans de prison pour espionnage, a annoncé sa famille jeudi, une décision qualifiée de "totalement injustifiable" par Londres.

4 commentaires

  • 14:58

    Le yankee a montré les muscles, mais comme souvent avec lui ces derniers temps, derrière ça se complique quand il faut étayer... Les enturbannés ont repris leurs esprits, leur morgue (ré)apparait...


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